Cavernes

Publié le par Sido

Fred avancait en titubant, abruti de fatigue et de faim dans ce sombre dédale de pierre.

Il s’était réfugié dans cette caverne qu’on disait maudite, malgré lui.
 En effet, surpris par un orage, il avait voulu s’abriter un instant avant d’être piqué par cette étrange curiosité maladive qui l’avait conduit là.

Il piétinait depuis des heures, peut-être même des jours, non sans avoir appelé à l’aide quelque présence vivante.

Il était bel et bien perdu.

L’obscurité l’empêchait d’identifier la forme des couloirs de ce labyrinthe. Il avançait à tâtons et craignait de tourner en rond, sans jamais trouver la sortie.

Fred marqua une pause. Il réfléchit. D’après son étourdissement, la caverne devait former un U. Ou une spirale. Dans ce dernier cas, il n’avait qu’à revenir sur ses pas pour sortir de ce cauchemar ; même s’ il n’en avait pas la force. Autrement, il mourrait sur le sol de pierre éteinte.
 
Il se releva, les yeux endoloris à force d’avoir tenté de percer le noir, les jambes fatiguée et les pieds gelés. Fred pleurait.

Il avait appelé, crié de toutes ses forces son désespoir et sa fureur. Grotte maudite, intestin de Satan, m’avale et me recrache tel un étron damné. Fred délirait tant la douleur était vive. Il savait qu’il ne pourrait pas retourner sur ses pas, il savait que si la sortie n’apparaissait pas devant lui quelques mètres plus loin, c’en était fini de lui. Fini de Fred, fini de Fred, fini de Fred.

« Hé ! »

Fred leva son visage en direction du son.

« Il y a quelqu’un ? »

Oui ! Oui, il y a quelqu’un, moi je suis là ! Je suis Fred. Ses pensées filaient aussi vite que son rythme cardiaque, mais il était incapable de crier. Sa voix s’était éteinte.

« Pitié, répondez-moi ! »

Les jambes de Fred allaient encore plus vite que lui et il tombait sans cesse. Il courut à une telle allure vers cette voix inconnue  que son ultime chute fut rude.

Il heurta la pierre avec violence, un haut, froid et silencieux mur de pierre.

« Je m’appelle Fred ! Est-ce que quelqu’un m’entend ? Je suis perdu ! A l’aide ! »

Fred avait raison. La caverne formait bel et bien une spirale. Et ce n’est que parce qu’il ne l’avait pas entendue depuis des heures, peut-être même des jours, que Fred n’avait pas reconnu sa propre voix.

Fred avancait en titubant, abruti de fatigue et de faim dans ce sombre dédale de pierre.

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