Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 20:07

Chapitre I

Chapitre II

Chapitre III

Chapitre IV

Chapitre V

Chapitre VI

Chapitre VII

Chapitre IIX

Chapitre IX

 

 

 

 

Chapitre X - Chrysalide

 

Il ne payait pas de mine, comme ça, l'appartement de l'inspecteure Eevy Black Cat. Mais de plus près, Oscar pouvait y apercevoir des objets luxueux, objets qu'elle devait sûrement avoir fait importer d'Europe, comme ses cigares. En tailleur sur le sol jonché de dossiers éparpillés, Le médecin légiste et l'inspecteure épluchaient ce qu'il leur restait comme preuves -c'est à dire- presque rien.Oscar était d'avantage concentré sur le tailleur rouge grenat que sur le dossier. Il commençait à douter de lui-même.

 

-"Vous étiez sincère lorsque vous aviez dit être convaincue de la culpabilité de Clyde ?" Demanda Van Cliff d'un ton qui se voulait détaché.

 

-Ce n'est pas ce que j'ai dit, Oscar."

 

Le silence se fit pendant quelques secondes. Van Cliff était habitué à la dureté naturelle de Black Cat, mais ses quelques sourires à son égard lui avaient laissé croire qu'ils se rapprochaient. Il se senti pendant un instant comme un enfant se faisant rabrouer par sa baby-sitter.

 

"Ce que j'ai dit, reprit-elle sans quitter sa paperasse des yeux, c'est que vous aviez vu juste. Ce que vous avez vu est loin de ce que vous avez dit tout à l'heure. Vous êtes empli de mépris envers Brogan, vous dites le croire coupable mais au fond, vous n'en pensez rien, n'est-ce pas ?

 

Décarçonné, Van Cliff ouvrit la bouche :

 

- C'est vrai...

 

Elle leva alors les yeux, et lui sourit.

 

- Alors oui, j'étais sincère."

 

Ils s'observèrent ainsi pendant un court instant avant que Black Cat ne roule des yeux et ne soupire ; elle tira d'un étui une paire de lunettes rectangulaires aux fines montures vert d'eau. Oscar se décida à prendre la parole :

 

-"Faisons une pause, Eevy. Nous en avons assez fait pour ce soir, vous devez êtres fatiguée. La seule conclusion à laquelle nous avons abouti depuis des heures, c'est qu'à moins qu'un autre meutre ait lieu, nous devons suspendre l'affaire."

 

Black Cat ôta ses talons aiguilles et se leva. Ses chaussures suspendues à ses doigts, elle passa sa main dans son abondante chevelure et se diriga vers la cuisine. Oscar observa ses jambes massives avancer sur la pointe des pieds. Sans doute l'habitude des talons hauts, pensa-t-il.

 

-"Voulez-vous un scotch, Oscar ?" Demanda-t-elle, la voix teintée d'un raffinement qui lui allait plutôt bien.

 

Van Cliff se leva à son tour.

 

- Vous dites ça parce que Clyde m'a traité d'alcoolique ? Il ricana avec la satisfaction de celui qui sait quand il est drôle.

 

Black Cat éclata d'un rire de gorge.

 

- J'imagine que c'est tout de même un oui ? Dit-elle doucement en passant son visage par l'embrasure de la porte.

 

- Non pour un scotch, oui pour un Irish Coffee.

 

- Entendu."

 

Le courant passait, l'ambiance était parfaite. Sans être trop confiant cependant, Oscar était joyeux. Il observa plus attentivement l'appartement, afin d'effacer de ses yeux l'empreinte des multitudes de lignes qu'il avait parcourues depuis des heures.Le lieu était plutôt petit, mais avait quelque chose de chaleureux, de réconfortant. Les murs étaient recouverts d'une peinture jaune vif, ornés d'un revêtement métallique du sol jusqu'à environ un mètre de hauteur. Les pieds de Van Cliff s'enfonçaient dans une épaisse moquette synthétique aux motifs géométriques allant d'un brun foncé à un orangé grisâtre. Les meubles étaient presque tous en formica, à l'exception d'une minuscule commode en bois, très belle mais néanmoins très abîmée. Sans oublier cette immense cheminée devant laquelle était sensuellement assise l'inspecteure il y a encore quelques minutes. l'âtre était condamné, les quelques rares cheminées encore présentes dans les demeures américaines n'étaient jamais fonctionnelles.Oscar pensa pendant un instant qu'il n'avait jamais vu de feu de cheminée. Il imaginait celle-ci brûlant, les flammes imposantes léchant les parois comme mille bavardes affamées. La lumière chaude, les yeux d'Eevy Black Cat, ses cheveux brillant sous la lueur dorée du feu, les boutons de son tailleurs cédant sous ses doigts, son épaule nue naissant sous l'étoffe rouge...

 

Un bruit de verre tira Oscar de sa torpeur, il se rendit alors compte qu'il devait être rouge, lui aussi. Black Cat s'assit en face de lui, son verre de scotch copieusement rempli à la main. Oscar posa les yeux sur sa propre boisson.

 

"- Merci. A la vôtre." En buvant sa première lempée d'alcool, il se rendit compte à quel point l'expression "à la vôtre" était dénuée de sens et d'autant plus stupide qu'il ne l'utilisait habituellement jamais.

 

Tout les deux exténués, ils ne parlèrent pas pendant plusieurs minutes. Van Cliff se décida à engager la conversation :

 

"- Vous vivez seule ?" Et, merde. Il avait pensé tout haut. S'il avait continué, elle aurait put entendre les "Quel con, quel con, quel con !" qui résonnèrent dans sa tête à la seconde où il posa sa question.

 

Black Cat ne sembla pas avoir trouvé Oscar inconvenant. Elle répondit avec douceur.

 

"- Oui, j'ai toujours vécu seule. Je n'ai pas connu mes parents, je n'ai donc pas vraiment le goût de la vie en famille ou en communauté."

 

Un peu de tristesse passa dans ses yeux verts, comme une courte averse qui a tout de même le temps d'humecter nos bas de pantalon. Puis elle se tourna vers Oscar avant de dire :

 

"Je ne vous retourne pas la question. Non pas par impolitesse, mais je sais que vous vivez seul. Ca se lit sur votre visage et dans votre comportement. Vous ne parlez jamais de vous, vous ne semblez pas avoir de vie en dehors de votre travail et pourtant, vous avez une forte personnalité. Et surtout, vous n'arrêtez pas de regarder mes seins."

 

Il sembla à Oscar que son coeur venait de le lâcher.

 

Contrairement au salon, les murs de la chambres étaient d'un bleu-vert vif et profond qui donnait à Van Cliff l'impression de se noyer. Il ne comprenait toujours pas comment il en était arrivé là. Tout se mélangeait. Ses doigts dans l'épaisse chevelure aux reflets roux, ses lèvres avec sa langue fraîche. Il était étendu sous elle. Ils avaient bu quelques verres, pas assez pour être irresponsables, suffisemment pour ne pas retenir leurs gestes d'affection. Elle était terriblement douce. Beaucoup moins féline et nerveuse qu'Oscar n'avait pu l'imaginer dans ses moments de solitude. Il enfonçait ses doigts dans la chair tendre et fraîche de ses cuisses. Son visage entouré d'un rideau de cheveux châtains caressait sa lourde poitrine. Van Cliff se sentait dans un cocon de soie. Elle le serrait fort contre elle et tout allait bien. Le plaisir les gagnait tous les deux. Lorsqu'Oscar se dit qu'il était heureux, il s'abandonna au sommeil avec Eevy Black Cat.

 

Ce ne fut pas la voix tonitruante de Flynn qui réveilla Van Cliff, ce matin-là. Pendant un instant, il cru avoir rêvé. Mais le bleu intense du plafond lui rappella où il était. Il glissa sa main vers l'autre moitié du lit. Il était vide, mais encore tiède. Il ressenti alors comme une vague inquiétude. Et si elle regrettait ? Et si lui-même regrettait ? Non. Impossible. Les réminiscences de la veille lui donnaient encore des frissons. Il se leva et constata qu'il était complètement nu. Il jeta un bref coup d'oeil autour de lui, et ne trouva pas ses vêtements. En effet, il s'étaient déshabillés dans le salon avant qu'elle ne l'attire vers la chambre. Cette pensée le fit sourire. Il tira le drap sur lui, et avec l'allure d'un empereur Romain bienheureux qui aurait la gueule de bois, il se dirigea vers le salon.

 

Elle était déjà partie. Depuis peu de temps, visiblement. Des restes de petit déjeuner gisaient sur la table en formica. Elle avait ramassé et rangé toute la paperasse qu'ils avaient étalé la veille sur le sol. La moquette lui parut plus belle. Il regarda à nouveau la table, son dossier contenant ses rapports d'autopsie était correctement rangé. Eevy y avait déposé un petit carré de plastique sur lequel elle avait griffoné à la hâte : "Ne l'oublie pas". Oscar Van Cliff laissa échapper un rire. Il plia le papier en deux et le glissa dans la poche de son cuir pendu à une chaise. Il rajusta sa toge de fortune et se dirigea vers la salle de bain en chantonnant.

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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 01:12

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Dessin d'origine datant de 2008 :

 

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La méga honte.

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Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 07:37

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Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 05:01

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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 16:50

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D'après http://andrewjamesjones.tumblr.com/

 

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